Par Jonathan Baudoin

Le 2 avril dernier correspondait à la journée mondiale de sensibilisation de l’autisme. Une occasion pour le grand public de s’informer sur le Trouble du spectre de l’autisme et des initiatives lancées pour l’accompagnement, la prise en charge d’enfants autistes, comme par exemple Happy Me en France. Pour Feat-Y, Pauline Véla, fondatrice de l’établissement et mère d’une enfant diagnostiqué autiste, souligne le parcours du combattant pour les parents qui cherchent un établissement pour leur enfant atteint de trouble neurodéveloppemental et en quoi Happy Me peut fournir une solution, qu’elle souhaiterait développer sur l’ensemble de la France à l’avenir. Interview.


Feat-Y : Qu’est-ce qui a été à l’origine de la fondation de Happy Me ? Est-ce une rupture avec votre parcours professionnel antérieur ?


Pauline Véla : Ce projet est lié à mon histoire, puisque que je suis maman solo de trois petites filles atypiques. J’en ai deux qui sont HPI [Haut potentiel intellectuel, NDLR] et hypersensibles et une atteinte de TSA [Trouble du spectre de l’autisme, NDLR], TDAH [Trouble de l’attention et hyperactivité, NDLR] et un retard de développement global. Je suis rentrée dans un combat pour la faire diagnostiquer, en sillonnant la France. On a réussi, l’année dernière, à poser un diagnostic. De là, j’ai cru que ça allait être plus simple. Mais en fait, c’est un second combat qui s’ouvre, car il faut trouver des intervenants, des spécialistes, et la bonne école. Tout ce qu’il fallait pour qu’elle soit prise en charge à peu près correctement. Malheureusement, en France, on traite l’autisme avec 20 ans de retard par rapport au Canada ou aux États-Unis. Les institutions ne sont pas assez nombreuses et pas assez efficaces. J’ai même fait une dépression d’épuisement, suivi d’un passage dans une clinique psychiatrique, tellement que le quotidien d’être mère célibataire d’enfants aux besoins spécifiques m’a exténué (la montagne de dossiers administratifs pour son accompagnement, trouver des spécialistes, etc). Je peinais à me lever le matin avec ce poids trop lourd à porter. J’ai compris que je m’étais épuisée à chercher des solutions qui n’existent pas aujourd’hui en France mais je n’étais pas prête non plus à me résigner au sort de ma fille.
C’est ainsi qu’Happy Me est né, un centre psycho-médicosocial pour enfants aux besoins spécifiques et leurs familles. Un accompagnement global des familles qui n’existent pas à ce jour en France. J’ai développé un Plan d’Action viable et efficient afin d’ouvrir au plus tôt un centre psycho-médicaux-social, ici dans les Landes, proposant un accompagnement des familles inédit et répondant aux besoins du terrain. Sandra a rejoint l’aventure et apporte toutes ses compétences au bon développement du projet.


Feat-Y : Dans un communiqué de presse, il est indiqué qu’Happy Me fournit ses services principalement dans le domaine de la santé psychique. Pourriez-vous préciser le fonctionnement de l’établissement, à l’heure actuelle ?


P.V : Happy Me sera une clinique privée ayant une mission de centre psycho-médicosocial. Concernant le fonctionnement, il y a des choses non négociables. On a une partie prise en charge individuelle des soins, comme l’orthophoniste, la pédopsychologue, le psychomoteur, l’ergothérapeute, la diététicienne. On a une prise en charge de l’enfant, avec son TSA, sont TDAH, ses DYS, son HPI. Tous les enfants ont des besoins spécifiques. Ensuite, on a également une prise en charge des familles. C’est notre particularité. Une famille prise en charge chez Happy Me, ce seront des soins individuels pour les enfants, un centre d’écoute pour les parents, des ateliers fratries, des ateliers d’interaction sociale, des ateliers de répit (pour parents et fratries). Les TISF [Techniciens d’intervention sociale et familiale, NDLR] qui travailleront main dans la main avec les éducateurs spécialisés jeunes enfants au domicile des parents pour apaiser le quotidien des familles, les aider dans leurs tâches quotidiennes et les accompagner avec de l’aide éducative. Nous aurons un Pôle Prévention. Nous interviendrons dans les écoles, les crèches, les jardins
d’enfants, les MAM [Maisons d’assistants maternels, NDLR], les clubs sportifs, etc. Nous aurons un centre de formation qui sera certifié Qualiopi qui permettra un financement facile de nos formations pour les professionnels et les particuliers. Le but étant de former un maximum de public.

Feat-Y : Pourquoi avoir organisé Happy Me en hôpital de jour ?


P.V : L’hôpital de jour sera une mission que nous aurons, nous pourrons par exemple avoir une mission de SESSAD [Service d’éducation spéciale et de soin à domicile, NDLR], etc. Aujourd’hui, nous répondons aux besoins du terrain en offrant une prise en charge pluridisciplinaire et couverte par la Sécurité Sociale.


Feat-Y : Est-ce que l’un de vos objectifs, avec Happy Me, est de combler un manque d’accès aux soins psychiques auprès des patients dans un domaine décrit régulièrement comme le « parent pauvre » de la médecine en France ?


P.V : On va beaucoup plus loin que ça puisque notre objectif n’est pas que d’ouvrir Happy Me dans les Landes. Notre objectif est de changer la façon de prendre en charge et d’accompagner les familles avec enfants aux besoins spécifiques. C’est-à-dire, tout ce qui est lié au trouble neurodéveloppemental (TND).


Feat-Y : Comment le personnel de Happy Me est formé face aux besoins spécifiques des patients concernés par les services fournis par l’établissement de santé ?


P.V : Notre personnel sera formé en continu par des intervenants extérieurs au centre tels que Pyramid France, SACCADOÉ, etc. Nous dispensons également des formations en interne. Le Responsable de service aura également en charge la formation de ses équipes. Je suis également référente Qualité, j’accompagne les entreprises pour l’obtention de la certification Qualiopi.


Feat-Y : Pourquoi avoir organisé Happy Me en hôpital de jour ?


P.V : L’hôpital de jour sera une mission que nous aurons, nous pourrons par exemple avoir une mission de SESSAD [Service d’éducation spéciale et de soin à domicile, NDLR], etc. Aujourd’hui, nous répondons aux besoins du terrain en offrant une prise en charge pluridisciplinaire et couverte par la Sécurité Sociale.


Feat-Y : Est-ce que l’un de vos objectifs, avec Happy Me, est de combler un manque d’accès aux soins psychiques auprès des patients dans un domaine décrit régulièrement comme le « parent pauvre » de la médecine en France ?


P.V : On va beaucoup plus loin que ça puisque notre objectif n’est pas que d’ouvrir Happy Me dans les Landes. Notre objectif est de changer la façon de prendre en charge et d’accompagner les familles avec enfants aux besoins spécifiques. C’est-à-dire, tout ce qui est lié au trouble neurodéveloppemental (TND).


Feat-Y : Comment le personnel de Happy Me est formé face aux besoins spécifiques des patients concernés par les services fournis par l’établissement de santé ?


P.V : Notre personnel sera formé en continu par des intervenants extérieurs au centre tels que Pyramid France, SACCADOÉ, etc. Nous dispensons également des formations en interne. Le Responsable de service aura également en charge la formation de ses équipes. Je suis également référente Qualité, j’accompagne les entreprises pour l’obtention de la certification Qualiopi.


Feat-Y : Vous êtes basée dans le département des Landes. Envisagez-vous d’ouvrir des établissements similaires à l’échelle régionale, voire nationale, dans les années à venir ?


P.V : Happy Me ici, dans les Landes, sera le premier. L’objectif d’Happy Me est de changer la manière de prendre en charge les familles d’enfants aux besoins spécifiques. Nous espérons un jour pouvoir contribuer financièrement à la recherche sur l’autisme.


Feat-Y : Est-ce qu’une offre de généralisation des services de santé est à l’étude au sein de Happy
Me ?


P.V : Dans le futur, on envisage également de former aux TND des médecins (médecine générale, ORL, dentistes, kinés, etc) et certains métiers (coiffeurs, instituteurs, etc). Nous avons à cœur d’adapter le monde à ces enfants plutôt que de leur imposer le nôtre.