Leur nom évoque un monstre tout droit sorti de la culture japonaise, Godzilla, dont ils ont fait le choix du nom nippon : Gojira. Les frères Duplantier, Joseph et Mario sont les chantres du death Metal pourtant, ils bousculent les codes du genre. Leur nouvel album Fortitude véhicule un message fort. Avec des morceaux riches et variés qui donnent un juste aperçu des compositions du groupe. Clips, mais aussi actes solidaires pour aider les peuples indigènes, rappellent l’engagement du groupe en faveur de la nature.

L’énergie qui se dégage de leurs riffs fait écho aux pulsations de la nature, la batterie de Mario, reproduit  la violence de la mer qui se déchaîne au cap Horn et qui vient  se fracasser contre ce bout de terre. La musique de Gojira est un hymne constant, une déclaration d’amour à Terra Mater, et Joseph Duplantier (chant et guitare rythmique), le leader ; Mario Duplantier (batterie), Christian Andreu (guitare solo) et Jean-Michel Labadie (basse) apportent la preuve que  leur musique n’est pas désincarnée, mais a un cœur qui bat sous sa carapace de métal. En 2001 paraît un premier album  « terra incognita » dont le nom fait référence à l’histoire et à la connaissance que l’on avait de notre planète  Moyen-âge, et l’on ne peut s’empêcher de penser à Christophe Colomb et à sa quête du monde nouveau monde, dont la première stupeur fut la luxuriance de la nature.

« Exact, c’est ça, c’est exactement ça, c’est une référence aux anciennes cartes. On estimait qu’il devait y avoir quelque chose par là-bas mais on ne savait pas trop, on imaginait ça, on dessinait des dragons tout un tas de trucs, on notait “Terra incognita” et on ne savait pas comment y aller tout simplement. Aujourd’hui, j’ai l’impression que l’humain ne s’est pas encore trouvé, la plupart des gens en tout cas »

Un album concept qui traite à la fois des relations à la nature et au monde , mais aussi la part qui se trouve en chacun de nous et qui ne demande qu’à éclore, une façon de nous rappeler que nous sommes avant tout des terriens qui vivent au rythme de la nature et qu’après chaque période de gestation, il y a une restitution. Le principe est kabbalistique, recevoir pour mieux donner. 

 Joseph Duplantier est le parolier de certaines musiques comme In the Forest ou Love, écrite qui lui ont été  inspirées pendant alors qu’il vivait dans une cabane, dont la construction lui a été enseignée par son père, artiste-peintre. Il y vivra pendant deux ans, avec sa petite amie de l’époque. 

Chez soi sur terre

Les deux frères sont originaires des Landes, pourtant, ils refusent de se laisser enfermer dans une seule identité, histoire de rappeler que nous appartenons tous à la même humanité et que le monde  pareille à une toile dont la trame est la même s’est fait tissages successifs…par métissage !

Comme l’affirme Joseph :

«  Je me sens sur la Terre, je me sens terrien, je me sens humain. On nous désigne souvent comme les Landais…”, Cela signifie rien car notre mère est américaine, ses grands-parents viennent des Açores, notre père est français, plutôt basque, il n’est pas Landais non plus. C’est vrai qu’on répète dans les Landes, on habite dans ce coin-là mais on ne sent pas Landais, on se sent concerné par la terre, par la situation de l’humanité ».

Et cet hymne à Terra Mater, il en sera question dans leur second album  « trillions de tonnes » « les trillions de tonnes, c’est la masse de la Terre. Si on pouvait la mettre sur une balance, ça pèserait 5988 trillions de tonnes et le poids du soleil c’est 1990 quatrillions de tonnes. La Terre est des milliers de fois moins lourde que le soleil, il faudrait en parler longtemps pour que ce soit clair… Le morceau qui porte le titre de la Terre, c’est avec celui-là qu’on commence le concert, c’est lourd, on parle du poids de la Terre, c’est assez imagé, enfin, ça ne parle pas (c’est un instrumental) »  cette terre qui pèse infiniment plus lourd que nous tous et pourtant que l’on se permet de maltraiter, c’est le cas de l’Amazonie qui est livrée aux incendiaires.

Leur notoriété au service d’une cause,  l’Amazonie

Le poumon de notre planète, celle sans qui, les habitants à l’autre bout du monde ne pourraient respirer.

Ce lien avec la forêt est une constante pour les frères Duplantier comme l’exprime Joseph  lorsqu’il évoque l’un de leurs albums  l’enfant sauvage : « je passais le plus clair de mon temps dans la forêt, et je m’inventais une origine indienne, je faisais des feux, des cabanes. C’est ainsi que très tôt, j’ai été très proche de la nature,  des arbres du sol, des  feuilles, des fleurs, des grenouilles et des poissons ». Une  nature  paisible, idyllique, pourtant les morceaux de leur dernier album Fortitude, qu’ils ont concoctés pendant 5 ans sont un cri contre le massacre des populations amazoniennes qui osent résister à la déforestation massive au profit de cultures lucratives.

Et l’un de leurs titres chocs n’est autre qu’Amazonia, aux sonorités étonnantes, dont la présence d’une guimbarde, fort peu usitée  dans un morceau de metal, mais cet instrument relie les musiciens au passé et à la terre. Le tout s’accompagne d’un clip aussi magnifique qu’effrayant et qui est destiné à réveiller les consciences.

Génocide et écocide que le groupe dénonce avec fougue, et là on retrouve toute la force du death metal ! Mais ce n’est pas tout en joignant le geste à la musique le groupe a lancé sur Internet une collecte de fonds destinée à l’ONG APIB destinée à venir en aide aux populations indigènes. 

On y retrouve des instruments de musique, des autographes, des photos de Chloé Trujillo provenant du groupe comme Metallica, dont son époux Robert n’est autre que le bassiste.  La notoriété mise au service a d’ores et déjà porté ses fruits, puisque le montant a déjà dépassé les 400000 euros ! 

Lea Raso Della Volta

lien de Fortitude

https://gojira.lnk.to/fortitude