Feat-y: Votre dernier titre noir blanc est avant tout une aventure humaine, une création symbiotique d’un collectif si je ne m’abuse?

Johnson Carter : Alors non ! Guillaume et moi ne sommes pas dans un collectif commun, juste en indés chacun de notre coté 

Georges Goeury : Alors non (bis) ! Le titre n’est pas une aventure humaine. Il en découle. On est des copains qui faisons de la musique. On est souvent physiquement sur le même chemin mais nos chemins artistiques sont différents, parfois tout se rejoint. 

Feat-y: Ok,derrière ce titre, l’équipe est lourde si je puis dire, Clem beatz de Kitsuné , Dj skillz ( world champion dmc 2019), et vous 2 bien entendu, l’idée de créer ce morceau alchimique vous est venue de quelle façon?

Johnson Carter: Clem beatz lui vient du label  » SansHuileDePalme  » et non kitsuné (rires),J’ai commencé avec lui en 2011, à l’époque,on avait un groupe ensemble qui s’appelait “L’Eau Dans L’jazz “.  C’est lui qui fait toutes les prods sur lesquelles je pose, c’est lui bien entendu sur « Blanc Noir » également avec Guillaume.
Dj Skillz, 4 fois champion du monde, 9 fois champion de france, il pèse grave, je suis honoré qu’il ait accepté et avec plaisir de poser ses cuts sur le morceau, il a fait le taf, on lui a laissé carte blanche évidemment.
L’idée m’est venue car si tu veux vraiment le fond de l’histoire, j’ai découvert Guillaume par le biais d ‘un autre artiste de chez nous  » Fitzroy « , l’un des précurseur du rap toulonnais. C’est un gars que je respecte énormément.Je suis tombé sur un morceau que j’ai kiffé, je l’ai ensuite ajouté dans mes contacts. et c’était le moment ou je sortais mon titre  » j’aspire  » que j’ai balancé sur les réseaux.Il a aussi aimé mon travail et la connexion est venue de cette façon.On est devenu pote puis un jour je lui ai proposé qu’on fasse un morceau ensemble car il le fallait, il a accepté tout de suite.

Georges Goeury : Bien synthétisé ! On se suivait de part nos différentes sorties sur les réseaux sans vraiment se côtoyer. Bien qu’on se connaissait tous plus ou moins ou par relations interposées. Donc une fois qu’on s’est effectivement croisé un dimanche soir dans un sushi en ville, on a commencé à boire quelques bières, Ça finit toujours par devenir la première pierre d’un projet. Etant donné que chacun fait de la musique de son côté à plus ou moins haute dose il était évident qu’on allait finir par trouver du temps pour bosser au moins un track en commun tous les 3. Et puis la musique te permet de connaître les gens avant même de les connaître, ça simplifie les choses. Skillz c’est la cerise sur le gâteau, (j’ai commencé en plus avec 2 vieilles platines Gemini dans les années… 2000 en me butant avec toutes les intros des tapes de l’époque de cut killer, cutee b et compagnie. Mais n’ayant jamais réussi à rentrer un crab (scratch) correct, j’ai vite basculé sur le rap et l’écriture), donc c’est un honneur d’avoir sa petite touche finale. Et puis un #Hannn scratché ça n’a pas la même saveur haha.

Feat-y: Blanc noir est une ode à la musique mais également une note d’espoir, n’est ce pas?

Johnson Carter:« BlancNoir » est en référence à ce que l’on traverse et ressent dans la vie en générale, on parle d’inégalité souvent, de peine. On parle de la difficulté d’avoir une conscience dans un monde qui ne tourne pas vraiment rond, dans un monde où le capital est roi, au delà même de l’humanité qui a mon gout s’éteint de plus en plus.On a tendance à oublier les plaisirs simples que nous offre la vie, c’est pourquoi j’essaie de plus en plus de me rendre compte de l’importance et de la chance de pouvoir kiffer l’instant présent.  » Blanc Noir  » c’est des moments noirs et des moments blancs, c’est la vie quoi.

Georges Goeury : Je sais pas si je dirais note d’espoir car c’est ce qu’on recherche tous plus ou moins continuellement et j’ai pas l’impression que quelqu’un l’ait trouvé encore( mdrrr.) C’est surtout la recherche de tout, de soi même à l’autre, de sa place à la leur. Du décalage entre comment la société nous perçoit et comment nous percevons la société, tout en y faisant intégralement partis. C’est paradoxal. On se pose 2/3 questions et à défaut d’avoir des réponses on a un morceau. En attendant.

Feat-y: Vos influences, muses, inspirations ?

Johnson Carter: Pour ma part mon style s’est forgé grâce à des gars que j’écoute depuis petit.Je suis clairement influencé par akhenaton, et c’est marrant car plusieurs personnes me l’ont déjà dit alors que je n’ai jamais cherché à lui ressembler. Quand tu te fumes toute une discographie depuis tant d’années, tu prends un peu de la personne certainement.Si je ne devais citer qu’une personne ca serait lui sans hésitation, il est un exemple pour moi.D’ailleurs un de mes souhaits serait de faire un morceau avec lui, #consécration (rires)

Georges Goeury : Au niveau musical j’ai une culture qui se limite uniquement au rap francophone, depuis toujours. J’ai entendu beaucoup de trucs US mais je pourrais jamais en parler n’étant pas rentré dans le truc. Donc niveau influence je parlerai de manière peu originale des années 95/2000 car c’est de cette époque 80% de ce que j’écoute encore maintenant. Également des copains d’ici qui faisaient du son quand on était plus jeune (AXP, Fatmess Crew) et dont leurs morceaux ont énormément influencés ma manière de faire du son. C’est d’ailleurs avec AXP que j’ai commencé mes premiers morceaux, à l’époque où on était beaucoup plus en équipe. Désormais avec les vies et planning de chacun c’est plus facile de créer seul, même si ça reste compliqué lol. Sur des artistes « récents » ben j’en met 3 que je jalouse dans le bon sens du terme Veence Hanao, Sameer Ahmad et Josman. Bien qu’il y en a énormément d’autres. C’est génial.

Feat-y: Il y a de vrais textes, de vrais revendications derrière ces mélodies , vous considérez vous comme des artistes engagés, quels sont vos combats?

Johnson Carter : engagés, complètement, du moins à notre échelle…Des points sur des inégalités quelles qu’elles soient.Le rap sert d’exutoire aux peines que l’on traverse. Si les gens peuvent se retrouver dans nos écrits et peuvent trouver un réconfort du fait qu’ils ne sont pas seuls, c’est une récompense. 

Georges Goeury : J’aime pas trop dire engagé et encore moins « artistes engagés » car j’ai un peu de mal avec le mot « artiste » utilisé à tort et à travers ; et puis « artiste engagé » peut faire croire que tu peux humainement dans la vie de tous les jours ne pas l’être. La musique est juste le reflet de ta personne et heureusement qu’elle est là pour t’aider à extérioriser bons nombres de choses. Ca aide certains qui la consomment et ça aide aussi ceux qui la produisent. Le seul combat c’est aimez-vous les uns les autres et que chacun trouve son équilibre.Donc pour répondre non je ne me sens pas « artiste engagé » mais cela n’engage que moi.

Feat-y: La suite pour vous 2?

Johnson Carter: On est censé refaire un morceau en 2089 ;) 

Georges Goeury : Je finis actuellement mon projet Zut commencé l’année dernière, et bien sur on va réitérer l’expérience avec un nouveau track avec la petite équipe de copains d’ici.

Feat-y: Si vous ne deviez retenir qu’un morceau de musique, quel serait il?

Johnson Carter : Si je devais retenir un morceau ce serait :  » Mon texte le savon  » d ‘AKH

 » Pour ceux qui m’ont tenu la main et ceux qui l’ont lâchée

Pour ceux qui firent mes joies et ceux qui l’ont gâchée

Du rien au tout, et puis du tout au rien

Juste que nous sommes rien du tout

En fait on sait rien, c’est tout « 

(sourire)

Georges Goeury : Maudits soient les yeux fermés. Chiens de paille sur la BO de Taxi :

« Mon coeur, mes textes, comme les temps sont durs

Mais qu’est-ce tu veux qu’j’te dise, tu sais, les tensions durent 

Réminiscences sombres aux couleurs d’améthyste 

Mais qu’est-ce tu veux qu’j’te dise, tu sais, mon âme est triste »

Le morceau qui procure la même émotion peu importe que tu l’aies écouté 5235 fois. Quoi qu’avec la nostalgie de l’époque c’est encore plus maintenant. Incroyable.

Feat-y Un film? 

Johnson Carter: « les évadés » de stephen king, vu 50000 fois 

Georges Goeury : Requiem for a dream (Darren Aronofsky). Le scénario, la real, la BO: tout est incroyable. Faut pas le mettre après un licenciement abusif suivi d’un divorce et/ou d’un décès.

Feat-y un plat?

Johnson Carter : La pizza la base, pas vraiment un plat

Georges Goeury : La burrata. C’est pas un plat mais tu mets ce que tu veux avec et ça t’en fait un plat incroyable. Je sors jamais sans ma burrata.

Feat-y: un endroit?

Johnson Carter: Au japon, la tout  de suite

Georges Goeury : Si j’avais un endroit à retenir j’espère en tout cas que ca sera le bon. 

Feat-y Un truc un peu honteux que vous aimez? 

Johnson Carter: Je n’ai rien en tête ahah sorry 

Georges Goeury :  J’aime tout ce qui est honteux, il y a que ça qui me reste en tête.

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